Jean Paul Iriquin, adepte des concours « chiens de berger »

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Ce mois-ci, le club reçoit Jean Paul Iriquin producteur de lait et adepte des concours « chiens de berger ». Dans cette interview, il nous raconte tout sur son parcours, son métier et ses passions.

Jean Paul, qui êtes-vous, quel est votre parcours ?

Jean-Paul Iriquin, j’ai 51 ans. Je suis producteur de lait à Itxassou.

Depuis quand êtes vous producteur de lait ? En quoi consiste cette profession ?

J’ai commencé avec mon père à l’âge de 25 ans. Aujourd’hui, mon fils de 23 ans travaille avec moi. Pour l’Ossau-Iraty, le lait provient de trois races de brebis locales, la Manech Tête Noire, la Manech Tête Rousse et la Basco-Béarnaise. Ces brebis produisent du lait de qualité et sont adaptées au relief. Moi j’élève la race Manech Tête Rousse, j’en ai 350 adultes et 20 bébés. Comme nous appartenons à l’AOP Ossau-Iraty nous respectons un cahier des charges strict, par exemple, nos brebis sont élevées en plein air, elles ne restent que quelques jours par an à l’intérieur, quand il fait mauvais temps.

Qu’aimez-vous dans votre métier ?

C’est la partie « élevage » qui me plaît le plus. J’aime être au plus proche de la nature et des bêtes. C’est pour cela que j’élève aussi d’autres races de brebis, dont on vend les mâles, castrés à 3 ans, pour la viande. Il ne faut jamais y goûter au risque de ne plus pouvoir s’en passer.

Vous avez plusieurs passions, le rugby, la pelote, la politique mais aussi les concours de chien de berger. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Enfant, je jouais avec les chiens de berger de la maison. Vers l’âge de 12/13 ans je me suis rendu compte que j’avais des facilités pour les guider, j’étais déjà plus efficace que mon père ! Ensuite, j’ai eu l’occasion d’assister à quelques concours. D’ailleurs, un jour le comité des fêtes de mon village en a organisé un et m’a demandé d’amener mes brebis. J’ai aussi amené mon chien.  C’est comme cela que j’ai commencé les concours. Je pense que ces concours sont nés d’une petite rivalité entre les bergers qui cherchaient à combler l’ennui, chacun voulant prouver aux autres que son chien est le meilleur. C’est un spectacle naturel, on montre ce que l’on fait tous les jours. C’est aussi un moyen de présenter notre activité aux touristes qui viennent d’abord pour voir les chiens, puis nous posent des questions sur les brebis et notre métier. A partir d’un an, les chiens ont déjà acquis des bases, ils connaissent les ordres mais ont besoin d’un à deux ans de perfectionnement. Ils sont au maximum de leurs capacités vers 5/6 ans.

 Avez-vous gagné des prix ?

Ça me gêne un peu d’en parler, je n’aime pas me vanter. Il y a 2 ans, j’ai remporté le concours Oñati, une compétition internationale au Pays Basque espagnol, et j’ai été plusieurs fois champion du Pays Basque Nord.

Vous avez monté avec d’autres bergers, une association pour développer les concours en Pays Basque Nord, pouvez-vous nous en dire plus sur cette démarche commune?

Malheureusement, le porteur du concours est décédé il y a 2 ans. Un peu perdus, nous avons décidé de créer une association pour éviter que la voix de l’un ne compte plus que l’autre. Nous développons cette association pour faire vivre notre passion et joindre l’utile à l’agréable. Par exemple, nous organisons des concours payants pour des comités des fêtes afin qu’ils récoltent des fonds. C’est aussi un moyen de communication autours de notre métier. C’est pour ça que nous nous sommes rapprochés du syndicat de défense de l’AOP Ossau-Iraty.

Credit photo: MCCalmettes

Vous êtes installé dans une démarche de qualité (AOP) qu’est ce que cela vous apporte au quotidien ?

C’est une garantie, car nous travaillons sur de petites exploitations de montagne. L’AOP nous permet de tirer notre épingle du jeu avec des produits de qualité car on ne peut pas lutter sur la quantité.

Comment aimez-vous déguster et savourer le fromage AOP Ossau-Iraty ? (Jeune, bien affiné, nature, accompagné d’une pomme, de cerises noires…)

J’aime l’Ossau-Iraty quand il a bien mûri, surtout celui de montagne qui m’a attendu patiemment. On dit qu’il faut boire le vin avec modération. Moi je dis qu’il faut plutôt le boire avec l’Ossau-Iraty.

D’autres choses que vous souhaitez partager avec nos membres du club ?

L’Ossau-Iraty n’a pas l’aura de certains fromages mais il gagne à être connu. Il faut savoir que derrière ce fromage, il y a une vie, des bergers authentiques qui se battent pour faire un fromage de qualité. Alors mon seul conseil est de le goûter et de le savourer.